* Des actionnaires détenant 12% du capital étaient contre
* Unilever aurait été radié de la Bourse de Londres
* Unilever poursuit sa réflexion
* L'action recule à Londres, stable à Amsterdam
(Actualisé avec précisions, contexte, commentaires et cours de
Bourse)
par Martinne Geller
LONDRES, 5 octobre (Reuters) - Unilever ULVR.L UNc.AS a
annoncé vendredi l'abandon de son projet de siège social unique
aux Pays-Bas face à la colère d'actionnaires britanniques
hostiles à cette réorganisation, qui était censée simplifier sa
structure et le rendre plus réactif face aux évolutions du
marché.
Ce revirement du géant des produits de grande consommation
permet aussi à la Grande-Bretagne de conserver sur son sol, au
moins pour un temps, l'une de ses plus grandes entreprises à
moins de six mois de sa sortie de l'Union européenne.
L'abandon de ce projet, qui devait être soumis au vote des
actionnaires le 25 octobre à Rotterdam et le lendemain à
Londres, constitue également une victoire pour les investisseurs
qui redoutaient d'être contraints de vendre leurs titres si
l'action Unilever n'était plus cotée sur le FTSE 100 .FTSE ,
l'indice phare de la Bourse de Londres. Ces investisseurs
britanniques s'interrogeaient aussi sur la fiscalité
s'appliquant aux dividendes néerlandais.
"Nous sommes ravis qu'ils aient abandonné le projet de siège
unique aux Pays-Bas", a déclaré Ali Miremadi, gérant de
portefeuille chez GAM, qui envisageait de voter contre cette
proposition.
"Le groupe peut désormais se concentrer sur l'essentiel:
générer de la valeur à long terme pour les actionnaires", a-t-il
ajouté.
Plusieurs actionnaires, représentant 12% du capital, avaient
exprimé leur opposition à ce projet.
Le choix d'un siège unique aux Pays-Bas était aussi perçu
comme un moyen de renforcer les défenses du groupe en s'abritant
derrière la législation néerlandaise sur les OPA.
Le fabricant des savons Dove et des glaces Ben & Jerry's
avait décidé de renoncer à sa double structure à la suite d'un
examen approfondi de son activité lancé après la tentative d'OPA
hostile de son concurrent américain Kraft-Heinz KHC.O pour un
montant de 143 milliards de dollars (124,3 milliards d'euros)
l'an dernier.
LA DIRECTION FRAGILISÉE?
L'objectif déclaré du transfert du siège aux Pays-Bas était
de rendre Unilever plus efficace et plus réactif face aux
évolutions des comportements et des goûts des consommateurs, de
plus en plus vigilants sur la qualité des produits et le respect
de l'environnement.
Unilever a cependant dressé le constat vendredi que sa
proposition n'avait pas reçu le soutien d'un important groupe
d'actionnaires et a donc jugé plus approprié de la retirer.
"Le conseil d'administration va à présent réfléchir à la
suite à donner et continuera à dialoguer avec nos actionnaires",
a déclaré son président, Marijn Dekkers, ajoutant que le groupe
maintenait son projet d'annulation de ses actions
préférentielles de droit néerlandais.
Le cabinet de conseil Pensions & Investment Research
Consultants Limited (PIRC) avait recommandé mercredi aux
actionnaires de l'entité britannique d'Unilever de s'opposer au
transfert du siège du groupe aux Pays-Bas.
Plusieurs investisseurs de premier plan avaient également
fait savoir qu'ils voteraient contre ce projet.
"Cette volte-face ne devrait pas réellement affecter les
activités du groupe à court terme mais elle pourrait accélérer
le calendrier du plan de succession pour le poste de directeur
général", a commenté Robert Waldschmidt, analyste chez Liberum.
L'action Unilever cotée à Londres recule de 0,8% vers 09h20
GMT et celle cotée à la Bourse d'Amsterdam est stable au même
moment.
Selon Robert Waldschmidt, les titres Unilever souffrent
surtout de la hausse des taux d'intérêt aux Etats-Unis, comme
l'ensemble des marchés actions, et des difficultés persistantes
des marchés émergents, notamment en termes de taux de change.
(Claude Chendjou pour le service français, édité par Bertrand
Boucey)
Unilever fait volte-face et renonce à un transfert aux Pays-Bas
information fournie par Reuters 05/10/2018 à 11:28
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